Pep’s en concert à Toulouse !

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Date/heure
Date(s) - jeudi 14 novembre
20 : 30

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PEP’S (chanson française, musiques du monde) revient sur le devant de la scène !

Équilibre sauvage

On reconnait immédiatement la voix, le vibrato, l’élan, l’intention. On reconnait le mélange unique d’un cœur cool et d’un esprit tranchant, du goût de l’équilibre et d’une pulsion irrésistible de liberté. On reconnait, dès la première écoute de l’album Équilibre sauvage, l’effet de ces chansons : l’égale envie de danser et d’écouter les paroles bien au calme…
Pep’s est de retour avec des chansons qui lui ressemblent, fermement libres et hédonistes, radieuses et graves à la fois. Il chante la route que l’on prendseul, la force des liens du cœur, les urgences des sens, la figure immense de Nelson « Madiba » Mandela, le besoin d’ivresse, l’irrésistible appel de l’ailleurs… Autour de sa guitare, on entend des claviers échappés des années 60, des guitares électriques diablement lyriques, des batteries qui connaissent aussi bien Kingston que Detroit et Memphis…

C’est bien lui, c’est bien Pep’s. C’est la voix de Liberta, c’est la voix sur laquelle on a craqué en se disant qu’on avait l’impression de la connaitre depuis toujours. C’est la voix d’un artiste qui a si bien su dire l’essentiel de nos vies sur quelques minutes de musique rythmée et tendre.
C’est bien lui, après le tube. Car que doit-on faire après un tube ? Certains vieux routiers du métier disent qu’il faut s’en détacher; d’autres jurent qu’il faut surtout y être fidèle; d’autres encore affirment qu’il ne faut surtout pas y penser. Pour Pep’s, la question ne se pose pas dans les mêmes termes que pour d’autres. Liberta, qui l’a révélé au grand public en 2008, avait été écrit en 2001. « Je l’ai d’abord porté sur scène plusieurs années avant que ce ne soit un tube sur internet puis à la radio. Quand la chanson a fait un carton, elle avait déjà sur elle beaucoup de sueur et beaucoup de poussière. Le temps avait déjà éloigné la question. »

Ce qu’a apporté Liberta à Pep’s ? « De bonnes conditions de travail », dit-il tout droit. Il rêvait d’un son chaud, de claviers anciens, de matériel d’enregistrement vintage. Alors il a pris le chemin du studio ICP à Bruxelles, là où Alain Bashung ou Serge Gainsbourg ont gravé des chansons historiques. Un album tout soul, beurré d’orgue Hammond et hanté par les mânes de Sam Cooke et Otis Redding ? « Je voulais aussi de la modernité dans les patterns rythmiques et c’est pourquoi j’ai fait appel à un Anglais, Ed Buller, pour mixer : je voulais qu’il ne comprenne pas ma langue, qu’il la traite de manière mélodique et globale. »

Il est vrai que l’album Équilibre sauvage ne sonne guère comme une production hexagonale. « Pour la manière de chanter, je n’ai pas vraiment une culture de chanson française. Ma culture est plus liée au folk et au rock américain et à la musique africaine. » Et Pep’s compte parmi les rares artistes français à connaître le surprenant album Sosie de Salif Keita, dans lequel le chanteur malien reprend des classiques de la chanson française. « Les griots africains sont pour moi une grosse référence. Ils ont de pures mélodies, une palette mélodique qui descend très bas dans les graves et monte très haut dans les aigus, ce qui produit des émotions immédiates. C’est vers ça que je veux tendre, évidemment : avoir de l’émotion dans le son et pas seulement dans les mots. »

Son chant est donc singulier : il apprivoise ces sons de la langue française qui embarrassent tant les artistes (les on, les un, les an…) et il casse sa cadence monotone. Pour cela, Pep’s emprunte à toute sa culture musicale, et même à ses erreurs de jeunesse : « Vers quinze ans, j’ai beaucoup joué de rock progressif, avec des structures rythmiques complexes et assez floues, alors que la chanson française est beaucoup plus simple aujourd’hui. Les longues plages musicales et les changements d’accords permettent de faire valser autrement les mots et les phrases. Dans des chansons comme À quai ou À l’horizon, il y a peut-être quinze accords, ce qui permet de poser différemment la voix. »

Pourtant, il se reconnait des maîtres en France, « Gainsbourg qui a su jouer avec le rythme pur et dur de la langue, ou Nino Ferrer ou Nougaro qui sont impressionnants. » Il se sent proche, aussi, des Surréalistes et de leur écriture automatique : « Je me mets en condition mentale, sans me dire que je vais écrire sur tel ou tel thème et je laisse partir le crayon. » Il cherche ensuite sur sa guitare « une idée musicale qui fasse chanter la langue. J’aime que la musique apporte de la valeur au texte. »

Les chansons sont ainsi nées un peu partout au cours des deux dernières années, Ma gueule chez lui dans le Vercors, Les Chiens à Paris, Le Voyage au Maroc, d’autres en Italie ou en Espagne. Et, quand il dit « je » dans ses chansons, c’est vraiment lui. « Tout ce dont je parle est du vécu. Ce sont des autoportraits dans les excès, dans l’amour, dans les envies. Il y a des chansons à texte et aussi des chansons qui permettent de ne pas trop penser et des chansons à l’intérieur desquelles on peut se réfugier… » Un équilibre sauvage.

Prévente à 12€ / Sur place : 15€